Chambres d'hôtes Vézelay Morvan Bourgogne Le  DOMAINE  de  DRÉMONT

 Un élevage bovin au coeur du bassin Charolais  -
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Présentation de l'exploitation agricole

Le domaine de Drémont est une exploitation agricole spécialisée dans la production extensive de bovins et ovins allaitants* sur prairies.    
Il compte :
- 110 ha de prairies groupées autour du corps de ferme,
- 55 vaches allaitantes de race encore majoritairement Charolaise, avec de plus en plus d'Aubrac
- 70 brebis allaitantes,
       soit, selon la période de l'année, entre 190 et 350 animaux sur la ferme

 
Les problématiques du Domaine
 
A notre arrivée en 2005, nous avons été confrontés à plusieurs difficultés :

- Une très forte surcharge de travail (faible mécanisation des tâches quotidiennes, bâtiments archaïques, grosses difficultés de vêlage de la race Charolaise) ;
- Un potentiel agronomique de nos terres inférieur à nos prévisions ;
- Une conjoncture pour le moins défavorable : les prix de vente n'ont pas augmenté depuis 30 ans (30 ANS !!), ils sont inférieurs ou égaux au coût de production, et les primes compensatoires sont en baisse.
- Le réchauffement / dérèglement climatique.
 
Que faire, donc ??  les réponses au quotidien dans notre dossier "actualités" ...



* INDEX :

Vache "allaitante" : qui allaite son veau. C'est une race bouchère par  opposition aux races laitières

Stabulation : bâtiment d'élevage bovin

Cheptel : ensemble des animaux d'élevage d'une exploitation agricole.

Les actualités du Domaine

confirmation Bérénice
Bérénice en présentation


14 janvier 2017 :

Déjà?!

On n'a même pas eu le temps de vous raconter ce qu'on a fait cet été! On ne vous a même pas dit que nous avions changé de climat?! Nous sommes passés à un climat type Afrique australe avec 3 saisons: "mousson" de février à juin, saison sèche de juillet à octobre, puis la saison froide. C'est bien comme ça aussi, il suffirait juste de savoir!

Mais c'est la crise dans l'agriculture : nos amis céréaliers ont eu une année pitoyable, les cultures ayant mal supporté l'excès d'eau ; les viticulteurs aussi : leurs vignes, lorsqu'elles avaient été épargnées par les gelées, ont finalement grêlé ; et les éleveurs ont dû rentrer les vaches au milieu du printemps car elles pataugeaient jusqu'au cou, les fourrages ont été abondants mais de piètre qualité et les prix de vente des animaux étaient symboliques... 

Mais pour notre part, nous devons confesser que nous avons eu une bonne année. Juste retour des choses, il faut bien que ce soit parfois un avantage d'avoir une ferme séchante! Ainsi nous n'avons jamais eu autant de fourrages. La qualité est certes médiocre mais peu importe, nos vêlages ayant lieu en mars, les vaches peuvent se contenter de peu tant qu'elles n'ont pas de veau à nourrir. Et nous avons vendu nos animaux avant que les cours ne chutent.

Sinon...
Toutes nos réflexions pour améliorer nos sols et leur résistance aux stress hydriques aboutissent à la même conclusion : nos sols sont au top, il manque juste un mètre de profondeur! Une seule piste d'amélioration reste donc : l'agroforesterie... Mais sauf à ce que vous vous portiez volontaires pour planter et arroser les arbres, ce n'est pas pour aujourd'hui.... (et puis, personnellement, je suis échaudée : toutes mes tentatives isolées ayant fini dans la débroussailleuse...)
 
Notre jument Haflinger a été "confirmée", c'est à dire que ses poulains auront droit aux papiers Haflinger. Et puis, elle attend un heureux événement pour juin!
 
La croissance de notre troupeau d'Aubrac est enfin enclenchée : nous aurons 20 vêlages Aubrac cette année, 30 l'an prochain... Elles restent parfaitement conformes à nos attentes : rustiques, vêlages faciles, veaux débrouillards, et attachantes avec leur docilité rehaussée d'un caractère bien affirmé!

Et dans tous ça, nous allions oublier l'essentiel : nos meilleurs voeux à tous pour 2017. Que cette année vous permette de vivre heureux en toutes circonstances...
 
Brouillards givrants, 31 déc 2016
 
fin de journée, vallée du Drémont
Fin de journée, vallée du Drémont
 
Aubrac sous la pluie de juin
En juin, sous la pluie.
Ici, pas de boue,
mais de l'herbe jusqu'au cou !
(photo prise un mois plus tôt mais au même
endroit que celle de l'article d'octobre 2015!!)

2 Février 2016 :

Ca y est, le bassin est enfin plein après une semaine arrosée, bien que les débits restent modérés.


22 janvier 2016 :

C'est à nouveau la saison des voeux et connaissant bien les vertus de la répétition, nous n'hésiterons pas à vous souhaiter à nouveau le bonheur de venir goûter aux plénitudes du Morvan!

Les vaches sont enfin rentrées le 17 janvier, soit avec un mois de retard! Et encore, on les a rentrées plus pour les bichonner avant les vêlages qui doivent commencer début mars, que par réelle nécessité. Quoi que si l'hiver ne vient pas, le peu de dégâts qu'elles ont fait dans les prés pourra avoir plus d'impact que des dégâts plus sévères suivis d'un bon gel qui "répare" les terres.

Il manque encore presque 30cm d'eau dans le bassin...
Eglise d'Anthien

20 Décembre 2015 :

Arrêtons de paniquer, c'est formidable le réchauffement climatique!! L'hiver est terminé (il a duré 2 semaines en novembre), tout le monde est dehors en T-shirt, les vaches y compris (sans les T-shirt). Elles mangent enfin un peu d'herbe (en plus de paille, faut pas rêver) et on ne parle même pas de les rentrer puisque les sols sont parfaitement "portants" (tuons un mythe tant qu'on y est : on rentre les vaches en hiver non pas pour les protéger du froid, mais pour protéger les terres du piétinement!).

Et il manque 40cm d'eau dans le bassin dont la source qui l'alimente devrait dégueuler d'eau en cette saison...
Lever du soleil sur Drémont

16 Octobre 2015 :

C'est malheureusement le pire des scénarios envisagés qui s'est réalisé, à savoir qu'après la pluie du 1er mai, il n'y a pas eu de pluie significative jusqu'à la mi-Août (juste un peu mi-juin), couplé à des températures oscillant entre 30 et 35°C pendant 2 mois, et beaucoup de vent pour parfaire le massacre...

Les nappes qui étaient bien pleines à la sortie de l'hiver ont résisté longtemps à en juger par notre indicateur phare: notre source, et le niveau de l'eau de notre bassin n'a commencé à baisser qu'à la mi-août! Il y a donc eu une énorme différence de résilience à cette météo entre les terres profondes des bas-fonds, et les terres superficielles des coteaux et hauteurs. Malheureusement, nos terres sont essentiellement superficielles...

Avec la COP21 en pleine préparation, en plus de tous les voyants qui sont au rouge depuis longtemps déjà, on est surpris que la majeure partie d'entre nous puisse encore sincèrement se réjouir d'avoir eu un été "si beau"". Nous nous demandons plutôt comment nous allons affronter le futur et maintenir une production vaille que vaille... Ce qui doit passer par une amélioration de la résistance au stress de nos sols et nos cultures. A suivre!

En attendant, nous avons sevré les veaux précocement cet été (début septembre au lieu de mi-novembre) afin de leur réserver une alimentation correcte et soulager leurs mères pour qui nous avons mendié des bouts de friches à droite à gauche pour qu'elles puissent manger autre chose que de la paille....

Mais en note positive, le sainfoin que nous avons semé mi-mai a réussi à lever, et même s'il a essentiellement végété toute la saison, il a résisté ! C'est encourageant, même si la coupe de foin qu'on espérait en tirer est tombée... je n'ose pas dire "à l'eau"!!

Et puis, une bonne récolte de miel cette année!
 
Zébus Aubrac et Charolais dans la savane nivernaise
Zébus Aubrac et Charolais
dans la savane nivernaise.
 
 
 
Chana
Adieu, Chana...

8 juillet 2015 :

L'année avait pourtant bien commencé: bonne saison de vêlages, excellents agnelages. Mais, comme souvent, le temps se croit obligé de venir saper nos efforts. Lorsqu'au 1er mai tombaient 80mm de pluie et que nous devions allumer le poêle pour réchauffer nos hôtes transis, nous nous sommes dit que c'était certainement toute la pluie de mai qui était tombée. Mais nous nous trompions: c'était celle de mai, juin, et même juillet à en croire les prévisions.... Et qui sait, peut-être plus... Les conséquences sont importantes sur une ferme séchante comme la nôtre:  pas de repousse de l'herbe sur les prés déprimés (pâturés en début de printemps avant d'y faire du foin), et le fiasco dans nos semis de sainfoin qui auront du mal à produire la récolte de foin attendue en septembre....  Un grand manque à gagner donc.

L'inquiétude n'y ayant jamais rien changé, la vie continue, et nous avons eu le grand plaisir de faire notre première sortie attelée avec notre jeune shetland qui se montre extraordinairement courageuse. Un régal bucolique pour toute la famille!

15 Janvier 2015 :

Nos meilleurs voeux à tous nos lecteurs! Une fois de plus, ce que nous vous souhaitons avant tout, c'est bien sûr le privilège d'une escapade dans le Morvan! Et, pour les plus chanceux d'entre vous, une sortie en ski de fond au Haut Folin qui est couvert de 40 cm de neige cette année! 

L'année commence bien à Drémont puisque des chouettes effraies sont revenues habiter notre nichoir qui était resté vide pendant un an, et c'est un plaisir de frémir à leurs chuintements nocturnes...
 
La ferme va bien également, et nous profitons des derniers moments de répits avant les premiers vêlages en mars pour réaliser les travaux d'entretien, dans les chambres d'hôtes notamment. 
automne 2014

20 Novembre 2014 :

L'été n'est décidément pas une période propice à la causerie.... Alors, sans transition aucune, nous en sommes déjà à l'heure des premiers bilans de la saison qui aura été exceptionnelle : saison touristique en chambres d'hôtes exceptionnelle ; un temps in-exceptionnellement exceptionnel, mais, exceptionnellement, bon pour l'élevage (magnifiques juin et septembre, extra pour les foins; juillet-août frais et pluvieux, extra pour l'herbe) (une petite pensée à nos amis céréaliers qui ont, eux, essuyé une exceptionnellement mauvaise année),  et du coup,  des résultats techniques exceptionnellement bons sur la ferme !

Et pour les anecdotes : les abeilles ont tellement essaimé qu'elles n'ont pas fait de miel, notre pouliche haflinger, et moi-même (!), faisons nos débuts à l'attelage (qui dresse qui?), et peut-être bientôt notre shetland!

20 juin 2014 :

Belle récolte de foin, précoce cette année. Nous sommes particulièrement satisfaits de notre première coupe de sainfoin que nous avions semé l'an passé et qui semble beaucoup se plaire dans nos prairies sèches. Du coup, on en a semé 4 hectares de plus. (N'empêche qu'il serait largement temps qu'il se re-remette à pleuvoir...)

Côté rucher, beaucoup d'essaimage cette année, et on en a profité pour installer une ruche africaine (Kenyan top bar hive), intéressante car elle requiert peu de manipulations (préparation des cadres, pose des hausess, etc). Pour l'instant, l'essaim s'y est bien installé. A suivre!

Ci-joint, la bouille de notre chevêchette!
chevêchette d'Athéna

7 mai 2014 :

Petite frayeur en avril puisque la pluie nous a boudés tout le mois et l'herbe commençait déjà à se tarir... Mais, contre son habitude, le temps s'est normalisé depuis, et tout va bien. Les agnelages sont terminés et nous sommes très satisfaits de leur déroulement malgré quelques pertes dues aux renards qui étaient particulièrement agressifs cette année. Nous avons été obligés d'enfermer les brebis et leurs agneaux dans de petits parcs la nuit, avec les chiens en sentinelle, pour arrêter le pillage...

Côté rucher, c'est la fête grâce à une très belle floraison printanière. Et notre pouliche Haflinger, qui fête son 3ème printemps, a fait une entrée remarquée dans le monde!
 
agneaux

6 Avril 2014 :

C'est le grand Boum dehors! La nature est en avance cette année grâce à un hiver très doux et un printemps agréable, elle explose littéralement. Et dans les prés, c'est l'euphorie: vêlages et agnelages ont commencé en mars et vont de bon train. La bonne herbe de ce printemps précoce et une météo agréable donnent une bonne vigueur aux mères et leurs petits (et aux chambres d'hôtes aussi, bizarrement!).

Nos chouettes effraies ont visiblement connu des déboires au printemps dernier (peut-être par manque de nourriture et d'opportunités de chasser à cause du temps franchement pourri) et, malheureusement, aucun couple n'est encore venu prendre leur place. Les chouettes chevêches, elles, confirment leur établissement dans la grange!
 
veau Aubrac

6 Janvier 2014 :

Nos meilleurs voeux à tous! Et que l'année 2014 vous apporte le privilège d'un séjour dans le Morvan!

Pas de changements majeurs prévus en 2014 : les travaux entrepris sur la ferme en 2011 et 2012 portent leurs fruits, et nous espérons bien les savourer sans modération!! Les travaux ont en effet considérablement allégé le travail, et les modifications sur la conduite de l'élevage ont largement amélioré la santé des animaux et, du coup, l'harmonie animaux-éleveur. Des problématiques affrontées à notre arrivée, seule celle de la conjoncture reste identique. Mais nos coûts de production étant bien mieux maîtrisés, nous espérons être plus à l'abri de ses caprices.

Il est donc temps de penser à nous, et 2014 sera consacré à notre propre maison (même s'il faudra bien trouver un peu de temps pour améliorer l'abreuvement au pré...). Et pour une fois, les travaux dans les chambres d'hôtes attendront!!

l'hiver

8 novembre 2013 :

Décidément, nous n'avons, une fois de plus, pas été très loquaces cet été... c'est, n'en doutez pas, que nous avons été fort occupés, malgré une saison chambres d'hôtes qui a eu bien du mal à démarrer... Conjoncture ? Météo du printemps ?

Quoi qu'il en soit, nous avons bien profité de ce manque d'activité pour parcourir le Morvan avec nos chevaux qui ont vaillamment randonné malgré leur grand âge. Que de beauté à nos portes...

La pluie du printemps, suivi d'un bel été, nous ont assuré une bonne récolte de fourrage pour l'hiver.

C'est donc la conscience tranquille que nous pouvons nous concentrer pleinement sur les travaux de la maison : l'ensemble des greniers est dorénavant isolé et plâtré, il ne reste plus que... tout à y faire!
Randonnée en Morvan

15 Mai 2013 :

Les saisons sont décidément farouchement coquettes! A chacune sa mode. Toutes les folies sont permises - une seule règle: pas deux fois les mêmes fantaisies. C'est ainsi que, cette année, elles ont choisi un thème aux couleurs de l'ambiance économique et politique: la morosité sous toutes ses coutures: froid, obscurité, et surtout, pluie! Mais ces élégantes sont sûrement en train de nous concocter quelque nouvelle surprise! Plus de 6 mois sur le même thème serait de mauvais ton...

Mais après tout, notre ferme craignant fort la sécheresse et peu la pluie, nous sommes finalement relativement contents de cette situation, et nous osons à peine formuler des voeux de soleil et chaleur, de peur  d'être trop servis!

Petite revue des activités sur la ferme: les agnelages sont terminés, les vêlages continuent. Tout se passe bien. Nous avons eu beaucoup de plaisir à la naissance de nos premiers purs Aubrac: vêlage facile, léchage vigoureux, première tétée dans les 15 minutes. Beau travail. En ce qui concerne les gros travaux, nous attaquons enfin notre propre maison. Et pour le plaisir, une petite shetland est arrivée!
Arc en ciel sur la vierge de Drémont

17 Janvier 2013 :

Nos meilleurs voeux à tous nos lecteurs pour cette nouvelle année !

Un peu de neige pour égayer les paysages d'hiver. Quelques courses de luge en perspective !

Les stabulations sont maintenant équipées de nouveaux râteliers à fourrage permettant une alimentation "à volonté" des vaches. Avantage : le travail de dérouler les bottes et distribuer le foin est relégué aux vaches, qui font ça à merveille, sans se casser le dos, ni éternuer. Reste à leur apprendre à couper et enlever les ficelles... des ficelles digestes ??. La taille des râteliers leur confère par ailleurs quelques jours d'autonomie - à nous les week-ends au ski ! Mais la perfection n'étant pas de ce monde, le bémol à notre chef d'oeuvre technique est bien sûr que nos gourmandes auraient une certaine tendance à s'empiffrer... Une mauvaise nouvelle les années de disette.


Archives

Année 2012
Année  2011


Pourquoi faut-il promouvoir une agriculture comme la nôtre ?

Ils vous ont dit : ne mangez pas de céréales : ça pollue et c'est bourré de gluten ; ne mangez pas de poisson : vous participez au pillage des mers ; ne mangez pas de fruits et légumes : c'est plein de produits chimiques ; ne mangez pas de viande : ça consomme notre bon blé ; ne mangez pas de soja : ça déforeste ; les oeufs et les produits laitiers, n'y pensez même pas, c'est aussi de l'élevage : ça tue, ça pollue, ça affame le monde, et de toutes les façons, le lait n'est pas une alimentation adaptée à des adultes...

Alors, ce soir, à dîner....


-  Attention, ce plaidoyer ne concerne que les élevages extensifs à semi-extensifs de ruminants allaitants  -
(ce qui est le cas de la plupart des élevages bovins ou ovins viande en France)


* * *
- Les prairies, des petits bijoux écologiques...

Les arbres, les haies, les marres, l'absence de produits chimiques font des régions d'herbages les garantes du maintien de la biodiversité animale et végétale, et des paysages. (Les abeilles adorent !)

Les prairies sont le meilleur moyen de lutte contre l'érosion, et d'excellents dépollueurs des engrais du voisin qui pourraient ruisseler. A ce titre, elles participent à la protection de la qualité des cours d'eau.

La culture de l'herbe est très faiblement consommatrice de fuel, et le sol, non labouré, stocke énormément de CO2.

Les prairies sont donc LA seule culture à avoir un impact positif sur l'environnement !!!

Et les ruminants sont les seuls animaux "alimentaires" à pouvoir valoriser ces terres peu productives, peu accessibles, et d'une façon ou d'une autre inadaptées à d'autres cultures. 
 
 
- On vous dit : "l'élevage pollue"

   Les effluents :
Faîtes pipi sur votre gazon, votre gazon s'épanouira. Faites pipi 10 fois au même endroit, votre gazon grillera. En élevage extensif, les déjections animales sont souvent la seule fertilisation apportée au sol. Si vous alimentez une vache avec un hectare d'herbe et que ses déjections sont également réparties sur un hectare - impossible de polluer. Vous nourrissez la terre qui à nouveau nourrira la vache.

Aujourd'hui, même en agriculture bio, il n'y a pas vraiment de solutions pour produire des céréales sans déjections animales.

   Les traitements chimiques :
Les herbages, et les rares cultures bio, sont les seules terres en France à ne pas être arrosées d'herbicides, insecticides, ou fongicides. Et même l'utilisation d'engrais chimiques est faible, voire nulle.

   Les gaz à effet de serre :
Les ruminants produisent du méthane. Certes, mais il est de mieux en mieux établi que celles-ci sont compensées par l'absorption de carbonne des prairies sur lesquelles ils sont élevés. Et savez-vous que les rizières émettent également du méthane? Et les céréales émettent énormément de CO2 provenant du sol (labour) et du travail mécanique, et du N2O par les engrais azotés qu'elles reçoivent. Quant aux cultures sans labour, elles consomment plus d'herbicides...


- On vous dit : "il faut 6 kg de bon grain pour produire un kilo de viande bovine"...

Première réaction :
Ce chiffre est une valeurs maximale qui ne s'intéresse qu'à la phase finale de la production (l'engraissement) de jeunes mâles en système intensif. Il ne prend en compte ni l'ensemble de la "population" bovine (reproducteurs nourris essentiellement à l'herbe), ni le fait que certains élevages font mieux, ni encore le fait qu'environ 1/3 de ce grain soit en fait des sous-produits de céréales.

Deuxième réaction :
"Et alors ?" La faim dans le monde ? En l'absence de pénurie globale de grain, mieux vaut chercher un autre coupable que l'élevage (comme les spéculateurs et les soit-disant "bio" carburants, par exemple?).

Troisième réaction :
Il est pourtant vrai qu'il est absurde de nourrir avec du grain des herbivores aussi adaptés à la consommation de fourrage que les ruminants. Mais ce n'est pas une fatalité : avant la révolution industrielle, les ruminants ne connaissaient pas les céréales dont la consommation a explosé suite aux politiques productivistes d'après-guerre lorsqu'on a considéré que c'était un bon moyen d'écouler les stocks.

Aujourd'hui, dans des élevages comme les nôtres, c'est un objectif technique, économique et environnemental de limiter la consommation de céréales. Il est fréquent en élevage ovin (chez nous par exemple), plus rare en élevage bovin, de produire de la viande uniquement avec des fourrages.   


- On vous dit : "Il faut une piscine pour produire 1kg de viande!"

Il y a visiblement des gens fort intelligents qui ignorent qu'une vache urine et que cette eau retourne d'où elle vient via le sol, ou que c'est souvent eux qui consomment l'eau avec laquelle elle a fait son lait (dans le cas des laitières). Ceci dit, ils ont raison, mieux vaut élever des vaches en France que dans le Sahel. Les éleveurs sont suffisamment perspicaces pour ne pas avoir attendu leur conseil pour bien faire.
 

- On vous dit : "on maltraite les animaux"...

On pourrait en parler longuement, mais franchement, même si la vigilance est de mise, je crois que c'est globalement hors-sujet dans des élevages (semi-) extensifs...  Il est frappant de constater à quel point on est d'emblée suspect  lorsqu'on a des animaux, bien qu'il n'y ait sûrement pas plus de gens qui maltraitent leurs animaux que de gens qui maltraitent leurs enfants... Les gens semblent transposer leurs fantasmes sur les animaux. Attention à l'anthropomorphisme qui guette les générations Walt Disney!
 
 
- On vous dit : "on tue sauvagement des animaux"...

Même s'il y a toujours des progrès à faire, les conditions d'abattage sont faites pour minimiser le stress des animaux. Si leur mort nous fait peur, c'est qu'elle nous renvoie à la nôtre, qui risque fort d'être plus pénible (Et oui, nous allons y passer aussi. Je suis toujours surprise que les gens soient très émus à l'idée que ma vache soit vouée à mourir, et ne voient sa vie que par cette lorgnette, mais se fichent royalement qu'il en aille de même pour moi ou mes enfants. Et à choisir entre la mort d'un humain, d'un animal sauvage ou d'un animal d'élevage, le sort de ces derniers me paraît enviable à beaucoup d'égards).

Il est par ailleurs surprenant que, par amour de la nature et des animaux, on puisse se refuser à les manger, niant par là-même notre place au sein de cette nature.


-  Antibiotiques et hormones :
Il n'y a pas d'utilisation d'antibiotiques de routine, ni d'hormones sur les animaux.



Alors,  faîtes un geste pour l'environnement,
MANGEZ  DU  BOEUF et du MOUTON,  
 BIO si vous souhaitez encourager la filière à faire mieux encore !!




Les problématiques de l'agriculture

Pour ceux qui s'intéressent aux grandes problématiques de l'agriculture,
voici un peu de "grain à moudre":

- Société Civile n°106, le quotidien de l'IFRAP (13 p)
 un état des lieux complet de l'agriculture française : productivité, nombre d'agriculteurs, comparaison avec l'Europe, revenus, le poids de l'administration, etc...

- Pour les anglophones, un reportage de la BBC s'intéressant à l'agriculture d'après l'ère du pétrole :
"A farm for the future",   part 1  2  3  4  5
Avril 2009

- Et puis, essayez de voir le film "Demain" de Mélanie Laurent et Cyril Dion qui vient de sortir en salle. (Janvier 2016)